La Police Municipale a été appelée très tard dans la nuit de samedi à dimanche pour tapage nocturne dans un quartier habituellement tranquille de Valence. Les policiers ne s’attendaient pas à une intervention si mouvementée.

La rédaction a choisi de modifier les prénoms et de ne pas dévoiler l’établissement en cause par respect pour les résidents de cet EHPAD.

Tard dans la soirée de samedi, les habitants voisins de l’EHPAD des Mimosas ont assisté a une scène rocambolesque dans cette rue généralement très calme. De nombreux témoins nous ont fait le récit de cette folle soirée.

Ça a commencé vers 18h30, je m’apprêtais à déguster mon potage quand j’ai entendu du bruit dans les couloirs, un mélange de grondement sourd et de pas feutrés. J’ai même cru entendre quelques bruits de béquilles, ou déambulateurs, je ne suis pas certain, je suis un peu sourd.

Roger, 87 ans, résident à l’EHPAD des Mimosas

Roger est peut être un peu dur d’oreille mais il a bonne mémoire. Il se souvient notamment avoir aperçu au bout du couloir la robe de chambre de Firmin se précipitant dans l’escalier.

Firmin, c’est un petit jeune, seulement 71 ans. Il est président du club d’informatique, c’est un peu le Zuckerberg de l’EHPAD ! Il parait qu’il a même un compte Twitter. Je l’ai vu se faufiler en direction du réfectoire vers 19h05, ce n’était plus du tout l’heure de diner !

Roger

Une autre résidente, proche de Firmin, nous raconte la suite des évènements :

Depuis quelques jours circulaient des rumeurs dans la résidence. Des bruits de couloirs. Un évènement devait se dérouler ce samedi soir. J’avais envie d’y croire. Je n’était pas mécontente de changer ma routine et de mettre un peu de piquant dans cette monotonie vieillissante.

Huguette, 78 ans

La rumeur, c’est sur Twitter qu’elle va prendre de l’envergure. Récemment, le club informatique a initié une bonne partie des résidents à ce nouveau moyen de communication et c’est donc par ce biais que l’organisateur de l’évènement a transmis les invitations.

Dans l’après-midi de samedi, plusieurs tweets anonymes ont circulé annonçant un bingo clandestin au réfectoire. Les résidents étant confinés une grande partie de la journée ont tout de suite adhéré à ce concept et l’invitation s’est transmise comme une trainée de poudre de chambre en chambre.

A 18h30 je me suis rendue au réfectoire comme convenu. J’ai retrouvé environ 25 autres pensionnaires, tous masqués, entrain d’acheter leurs cartons de loto.
A 5€ le carton, on avait également accès à un bar gratuit. Oasis, jus de pomme et tisane à volonté !

Huguette

D’après d’autres témoins souhaitant rester anonyme, quelques bouteilles d’alcool étaient également dissimulées derrière le comptoir.

Le loto démarre alors dans une ambiance calme et détendue mais cela ne va pas durer. Après quelques quines, quelques cartons et surtout quelques verres de gnôle, la soirée va prendre une tout autre tournure.

Au fil des parties, le volume augmente et les participants profitent pleinement de cette convivialité et du bar à volonté. La sono du réfectoire est même branchée sur Nostalgie, volume au maximum.

Aux alentours de 21h30 le réfectoire est transformé en soirée dansante. J’ai aidé à pousser les tables pour faire de la place. J’ai même failli trébucher sur des canettes de bière vides.

C’est peu après ça que les premiers voisins excédés par le bruit dans l’EHPAD vont appeler la Police. Il ne faudra pas moins de trente-cinq minutes aux forces de l’ordre pour ramener le calme dans la résidence.

Les fêtards étaient surexcités. On se serait cru dans une free-party ardéchoise, la musique techno en moins. Il a fallut attendre le renfort de la gendarmerie pour faire rentrer la quarantaine de pensionnaires récalcitrants dans leur chambre.

Patrice Toulachi, brigadier-chef

Les trois organisateurs présumés de la soirée ont été mis en garde-à-vue et relâchés le lendemain. Ils ont depuis été exclus de la résidence par la Direction de l’EHPAD.

3 thoughts on “Valence – Loto clandestin dans un EHPAD : 3 retraités en garde-à-vue”
  1. je trouve ça genial que dans ces endroits ( on veuille continuer de vivre et danser) la direction manque cruellement d humour ou a peur de vivre
    je signale au passage que j ai 76 ans

  2. On laisse mourir de solitude et d’ennui les gens dans les EHPAD.
    Et pour une fois que quelques personnes osent romprent la monotonie, l’isolement, et l’ennui mortels, l’institution les exclus.
    HONTE à la direction de cet établissement, et à la Gendarmerie.
    Quand le manque total d’humour et d’humanisme confine à la maltraitance,
    quand les « peine à jouir de la République  » ne supportent pas que d’autres personnes puissent aimer la vie au point de désobéir et d’oser s’amuser, quand la doxa ambiante impose à tous la tristesse et l’isolement, un climat mortifère .
    HONTE à vous …

Laisser un commentaire