Valence – Impressionnant démantèlement d’un trafic de drogue dans le centre-ville

La brigade des stupéfiants de Valence est intervenue ce vendredi soir en plein cœur de Valence pour effectuer un remarquable coup de filet anti-drogue. L’intervention s’est déroulée sans heurt et a permis de mettre la main sur près de 200kg de substances illicites.

Invité par la Police Nationale, un de nos journalistes de terrain a pu suivre l’intervention de l’intérieur.

Vendredi. 19h25. La brigade des stupéfiants se rend sur le lieu d’habitation du chef de bande présumé d’un groupe de trafiquants de drogue traqué depuis plusieurs mois par les services de Police. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le convoi ne se dirige pas vers les quartiers sensibles de Valence mais dans une paisible zone pavillonnaire du centre-ville.

19h28. Les agents de la brigade sont tous en position au quatre coins de l’immense bâtisse qui est censée héberger le « Pablo Escobar valentinois » ainsi que plusieurs de ses complices. Les hommes des Stups travaillent cette intervention depuis plusieurs jours. Ils sont dans un état d’intense concentration afin d’éviter tout dérapage lors de l’interpellation des suspects jugés « extrêmement instables et dangereux ». Ils attendent l’ordre du commandant pour intervenir.

19h30. L’ordre est donné. La trentaine de policiers se met en action. Ils pénètrent alors dans la résidence et passent près du panneau qui annonce : « EHPAD Les Mimosas »

Entrée de l’EHPAD Les Mimosas

Cette résidence pour séniors n’est pas inconnue des services de police car elle a déjà été le théâtre de violentes interpellations en février. Trois résidents avaient alors été mis en garde-à-vue pour « tapage nocturne et non-respect du confinement ».

19h31. A partir de là, tout va très vite. L’équipe d’intervention investie rapidement les 3 étages de la résidence. Le principal suspect, Firmin, reste introuvable malgré la rapidité d’intervention.

19h42. Dans la chambre du narcotrafiquant, les enquêteurs mettent la main sur 46000€ en liquide cachés dans le matelas du lit motorisé. Ils découvrent également un important réseau informatique reliant plusieurs chambres contiguës.

19h48. Une deuxième cache contenant 32kg de cocaïne est découverte dans les roues d’un fauteuil roulant.

19h49. Une troisième planque est décelée derrière le miroir de la salle de bain. La cloison a été entièrement creusée et remplie de billets. Il y aurait plus de 118000€ dans ce mur.

19h52. Une chambre entière a été transformée en atelier de conditionnement de produits stupéfiants. Des dizaines de peluches sont entassées. Vidées ou remplies de sachets de drogues. Il s’agirait du moyen de prédilection de la bande pour distribuer discrètement leur marchandise.

20h01. Les policiers investissent la salle TV et interrompent la diffusion du journal de TF1. Les protestations fusent de la part des résidents confortablement installés. La tension monte.

20h12. Après plus de 40mn de recherche et d’interrogatoires des résidents, Firmin et ses complices sont finalement appréhendés par les forces de l’ordre. Ils se terraient au fond d’un sous-terrain creusé dans la salle vidéo, dernière un poster de Frank Mickaël.

Une partie du butin perquisitionné

Immédiatement placés en détention, Firmin et ses deux acolytes ont rapidement avoué les faits. Depuis six mois, ils se sont attelés à organiser un réseau de distribution de drogue grâce à des contacts qu’ils se sont fait durant leur court séjour en cellule en février.

Leur commerce était bien huilé. Les clients entraient dans la résidence en se faisant passer pour de la famille venant rendre visite à leurs grands-parents. La vente se faisait alors dans l’intimité des chambres des trafiquants vétérans. L’enquête débute tout juste mais il semblerait qu’une dizaine de résidents soient impliqués dans ce réseau clandestin.

Nous avions remarqué une nette augmentation des visites ces dernières semaines. Le parking visiteurs était régulièrement plein et les voitures s’empilaient dans la rue en attendant qu’une place se libère. Certains résidents organisaient même des visites directement au bord de la voie de circulation dans la résidence. Une sorte de « drive » pour les visites.

Maria, soignante

L’équipe de l’EHPAD n’a pas fait le rapprochement entre cette multiplication des visites et le changement du train de vie de certains résidents. Firmin ne se rendait plus dans la salle à manger, il avait embauché 2 chefs étoilés pour lui préparer des repas gastronomiques privés. Il se rendait à ses consultations médicales dans l’une de ses trois Tesla. Certains témoins rapportent même qu’ils voyaient régulièrement défiler des escort-girls dans la chambre du retraité millionnaire.

Le directeur de l’EHPAD a lui aussi été placé en garde à vue. Il aurait perçu de grosses sommes d’argent pour fermer les yeux sur les pratiques illégales de ses pensionnaires. La brigade régionale spécialisée dans le trafic d’organes dirige simultanément une enquête sur ce même établissement valentinois.

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