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vendredi 19 avril 2024
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Die – La poule aux œufs durs

Une start-up drômoise est en passe de révolutionner le monde de la production d’œufs grâce à des avancées récentes dans la compréhension du génome des gallinacés.

Après la poule savoyarde qui a pondu un œuf de 139g, exploit mis en lumière par nos confrères « journalistes » du Dauphiné-Libéré (source), c’est aujourd’hui la biotech Drômoise POED qui fait parler d’elle avec son projet de poule pondeuse nouvelle génération.

Fondée par deux étudiants Drômois en 2017, Pierre Polsky (biologiste de formation) et Gabin Riper (agronome), cette société de biotechnologie s’est basée sur une étude récente de l’INRAE pour développer son concept. Cet article scientifique met en lumière l’impact négatif du réchauffement climatique sur nos amis gallinacés, il en ressort que la température interne moyenne d’une poule, qui est normalement de 41,7 °C, serait passée en un peu plus de vingt ans à une moyenne de 42,7 °C, soit un degré de plus.

Sachant que le blanc d’œuf coagule à partir de 62 °C et le jaune 68°C, l’idée de faire pondre des œufs directement cuits durs à des poules génétiquement modifiées semblait tenir du miracle. On se demande si les fondateurs de POED n’ont pas trop pris le soleil du Diois avant de se lancer dans cette aventure.
Gabin nous explique :

Sensibilisé au problème climatique par mes parents qui vivent toujours dans la yourte familiale, je trouve hallucinant de déployer autant d’énergie pour faire cuire un œuf. Au départ, on voulait juste faire une action militante, pour alerter l’opinion publique, sans espérer un résultat concret mais Pierre y a tout de suite cru.

Gabin, agronome 3.0

En effet, les progrès de la génétique ont permit de rendre concrète cette folle idée qui a initialement émergée lors d’un brainstorming un peu arrosé.

En analysant les recherches sur la coagulation j’ai tout de suite vu le potentiel. Ça a fait échos avec les recherches sur le génome que j’avais conduit pendant mon doctorat, j’ai dit à Gabin : Et pourquoi pas !

Pierre, biologiste audacieux
Marguerite, première poule génétiquement modifiée par la start-up Drômoise

Quatre années de recherches plus tard, les deux associés identifient enfin la protéine qui, une fois modifiée, permet d’abaisser la température de coagulation de l’œuf à 42 °C. L’exploit devient possible. Quelques générations de poules ont été nécessaires pour affiner la performance de leurs pondeuses afin de correspondre aux standards de l’industrie agro-alimentaire mais aujourd’hui cette biotechnologie est au point.

La première exploitation équipée de cette nouvelle race de poule pondeuse devrait ouvrir ses portes l’été prochain car les conditions climatiques estivales permettent de maximiser l’efficience de ces poules du futur. Préparez-vous donc à voir prochainement des œufs « naturellement cuits durs » dans les rayons des supermarchés.

La biotech Drômoise ne compte pas se reposer sur ses lauriers et planche actuellement sur les capacités cognitives de la Bourbonnaise, une autre race de poule pondeuse dont l’esprit est particulièrement vif. L’objectif est qu’une fois dressée, la poule serait capable de pondre, au choix, des œufs crus ou des œufs durs mais également de les pondre directement dans la boîte correspondante. Le gain de productivité potentiel est énorme.

Les essais semblent assez prometteurs pour l’instant mais le plus dur, sans mauvais jeu de mot, sera de leur apprendre à écrire la date de ponte.

5 Commentaires

  1. Personnellement je soutiens les Startups de la région et je passe ma 1ere commande à POED:
    – une poule oeuf à la coque tout frais pour mon petit déj du matin
    – 2 poules oeuf dur pour mes salades.

    C’est pour quand les poule aux oeufs brouillés svp.

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