Tous les parents improvisés professeurs d’école depuis 2 semaines ne diront pas le contraire : enseigner est un vrai métier. Ce mois d’enseignement à la maison risque de laisser des traces sur l’éducation de nos enfants. Les collèges de la Drôme prennent les devants.

C’est dans l’objectif de minimiser l’impact de cette rupture scolaire due à l’épidémie de COVID-19 que l’Education Nationale engage les Académies à entreprendre des initiatives dans ce sens.

L’académie de Grenoble a rapidement étudié les diverses solutions qui s’offraient à elle et s’est tout aussi rapidement fixée sur celle qui lui semble la plus simple à mettre en œuvre : la réduction voire la suppression des vacances d’été.

Plusieurs collèges et lycées sont favorables à cette décision radicale, notamment le collège Denis Brunet de Saint-Sorlin-en-Valloire dans le nord-Drôme. La CPE de l’établissement nous explique les raisons de ce choix :

Nous ne sommes pas dupes. Nous savons bien que les élèves ne sont pas du tout sérieux et appliqués durant cette période de cours à la maison. Ce n’est pas seulement le mois de confinement qui sera à rattraper, tout le dernier trimestre sera également perturbé. Dans ces conditions nous ne pouvons pas garantir un enseignement de qualité pour la fin de l’année scolaire.

Prune Latech, CPE émérite du collège de Saint-Sorlin-en-Valloire

Ce collège milite pour l’annulation totale des congés d’été, quitte à alléger les semaines de cours à 3 ou 4 jours seulement durant la période estivale pour préserver les collégiens. Toujours selon Mme Latech, ça serait « la meilleure décision pour sauver cette génération »

L’éducation est trop importante pour ne pas envisager ce sacrifice de deux mois. Tous ces jeunes auront pour plupart déjà passé plus d’un mois à errer sur Facebook, faire les cons sur Tik Tok ou matter des vidéos débiles sur Youtube. Les mois de Juillet et Août devront permettre d’éviter le décrochage de tous ces élèves.

Prune Latech, CPE très appréciée du collège Denis Brunet

Parmi le personnel enseignant, les avis divergent. Les optimistes se disent que la situation n’est pas si terrible et que le retard pourra être comblé à la rentrée de Septembre. Les plus pessimistes prônent l’année blanche, c’est à dire que tous les élèves fassent leur rentrée 2020 dans la même classe qu’en 2019.

L’Académie se prononcera courant Avril sur les directives qu’elle compte déployer pour la fin de l’année scolaire et pour la rentrée prochaine. D’autres pistes sont également à l’étude, parmi elles, la possibilité de recourir à des horaires scolaires étendus de 7h à 22h sur les mois de Mai et Juin.

Le détail des pistes étudiées par l’Académie de Grenoble est disponible ici

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