Alors que le prix de l’énergie augmente inexorablement et que des pénuries sont annoncées pour cet hiver, EDF dévoile un plan d’investissement record dans une nouvelle filière de production d’électricité verte.

C’est donc ça la startup nation que l’on attendait depuis longtemps ! Celle qui innove et développe des concepts inédits pour répondre aux problématiques actuelles. Et pourtant, le coup de poker n’est cette fois pas mené par une « licorne » mais plutôt par une bonne vieille boutique bien de chez nous, j’ai nommé EDF.

Conscients des enjeux économiques et écologiques du contexte énergétique malmené par un jeu politique excentrique, les responsables des investissements du plus grand producteur d’électricité français tentent une nouvelle approche.

Le constat est simple : les nouveaux projets nucléaires sont au point mort, le solaire et l’éolien font face à de nombreux détracteurs et l’hydroélectrique a peu d’avenir avec les sécheresses à venir. Il faut donc trouver de nouvelles sources d’énergie. C’est ce qu’on tente avec ce projet révolutionnaire en Europe et dans le monde.

Hugues Lafoudre, directeur acquisition de EDF

C’est sur son vélo elliptique que Hugues a eu cette idée toute bête mais au fort potentiel : générer de l’électricité grâce aux équipements de musculation et de fitness. Des solutions marginales existent mais se cantonnent aux particuliers. Pas de quoi concurrencer le nucléaire.

Un audit précis

Coup de comm’ ou coup de génie ? Les chiffres annoncés sont plutôt alléchants. Près de 5000 clubs en France et plus de 6 millions d’adhérents (source). L’agrès le plus utilisé ? Le vélo avec plus de 100000 bicyclettes qui font du surplace quotidiennement ! Le potentiel de production avoisine la capacité d’environ trois réacteurs nucléaires !

Pour EDF, le rapprochement avec Basic-Fit était évident. La franchise rassemble 1100 clubs en France mais également partout en Europe. De quoi déployer facilement la solution à l’international en cas de succès dans le pays de la grande boucle.

Plusieurs clubs de la capital ont été audités afin de chiffrer le potentiel de production de nos boutiques. Le rapport d’audit préconise les équipements et travaux nécessaires pour convertir nos clubs de sport en clubs de sport producteurs d’électricité. C’est très clair, un vrai jeu d’enfant.

Jean de Lafonte, président de Basic-Fit

Un cahier des charges technique

Tous les clubs Basic-Fit français devront s’équiper selon un cahier des charges et un calendrier précis. Environ 40% des clubs devront fournir leurs premiers kWh avant le 15 novembre sous peine de pénalités. Les autres suivront jusqu’au premier trimestre 2023.

Les deux Basic-Fit de Valence font partie de la première vague de transformation. Le gérant nous dévoile plus de détails.

C’est pratiquement toutes nos machines qui seront équipées, les vélos bien-sûr mais également les rameurs et les appareils de musculation. Les haltères et barres d’haltérophilie seront équipés de générateurs gyroscopiques tandis que les tapis de fitness et les steps seront recouverts de tissus piézoélectriques.

Le tout sera raccordé à un énorme régulateur/transformateur qui comptera les kWh générés et les injectera dans le réseau. Un gros Linky à l’envers !

Thierry Poucelepoi, gérant des Basic-Fit Valence

Des adaptations et des avantages

EDF demande également une modification des créneaux de certaines séances d’entrainement, notamment celles à « fort potentiel énergétique ». Par exemple, les cours collectifs de vélo (GXR chez Basic-Fit) devront dorénavant se dérouler durant les pics de consommation énergétique, c’est-à-dire en semaine entre 7h et 9h puis entre 17h et 19h.

Les adhérents bénéficierons également de ristournes sur leur abonnement en fonction de l’énergie produite sur les quatre dernières semaines glissantes. Cette réduction sera de l’ordre de 5% par kWh produit, soit environ deux heures de vélo à plein régime ou six heures de rameur.

Autre avantage pour les sportifs et sportives de chez Basic-Fit, ils et elles cotiseront au régime des retraites spéciaux d’EDF comme tous les autres salariés du fournisseur d’énergie national. Toutes les heures passées au clubs (hors vestiaire et douche) seront comptabilisées et leur permettront de gagner des mois de cotisation.

Un avenir radieux (et vert)

S’il fait ces preuves, ce partenariat avec Basic-Fit devrait être étendu à d’autres clubs de sport de l’hexagone afin de palier au déficit énergétique à venir. L’Orange Bleue et l’Appart Fitness ont déjà été approchés.

Des optimisations de production sont actuellement à l’étude comme la récupération des calories des sportifs pour chauffer les logements alentours ou encore la collecte de la sueur pour être transformée en boisson énergisante.

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