Michel, 52 ans, était en très bonne santé avant de subir un test PCR qui a déclenché une hémorragie mortelle.

Depuis quelques semaines Michel avait baissé la garde face au coronavirus. Les gestes barrières : très peu pour lui. Refus du port du masque, pas de télétravail, des soirées entre amis quasiment tous les jours, ce cinquantenaire accumulait tous les risques de contracter le Covid-19. Ce n’est pourtant pas la maladie qui aura raison de lui.

Ses conduites à risque lui valent d’être contacté à de nombreuses reprises par l’ARS suite à son identification en tant que cas-contact. Il détient d’ailleurs le record national avec 48 identifications de cas-contacts depuis début octobre. Il devient rapidement la mascotte du central téléphonique de l’antenne ardéchoise de l’ARS.

Il m’est arrivé de devoir appeler plusieurs fois ce monsieur dans la même journée car il était déclaré cas-contact par différentes personnes à quelques heures d’intervalle et dans des lieux bien distincts. Au fil des jours on était capable de retracer l’itinéraire et le planning de Michel rien qu’avec les signalements de ses proches infectés !

Emma Lade, responsable du centre d’appels de l’ARS 07

Tous ces signalements débouchent systématiquement sur des prises de rendez-vous afin que Michel se fasse dépister en effectuant un test PCR en laboratoire. Le test PCR consiste en un prélèvement par coton-tige au fond du nez. Michel était assez coutumier de la technique car il a subit pas moins de 26 tests PCR au cours de ses 3 dernières semaines de vie.

C’était devenu un habitué. Il nous tutoyait et connaissait très bien tout le personnel du laboratoire. Les derniers jours il nous apportait même des viennoiseries en arrivant le matin. Malgré sa gentillesse, on avait de plus en plus de mal à effectuer correctement le test au vu de l’état de son nez. Au point où nous avons dû refuser de lui faire son dernier test.

Léna Rinanfeu, employée de laboratoire

Michel, contrarié par ce refus, entre en colère noire et déboule dans la pharmacie voisine du laboratoire afin de forcer le gérant à lui vendre un test PCR. D’après le pharmacien, il aurait quitté les lieux en criant : « Ça doit pas être si compliqué de se fourrer un coton-tige dans le pif ! »

Michel sera retrouvé deux heures plus tard au pied de son immeuble, la tête baignant dans une flaque de sang.

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