« Cette décision s’inscrit dans la démarche de sobriété écologique de la société » ce sont les mots de la direction de cette entreprise dans son communiqué aux organisations syndicales. Cela n’est pas du goût de tout le monde d’autant plus que ce n’est pas la seule mesure de restriction énergétique.

En effet, le quotidien des employés de la société Pitagore va être quelques peu chamboulé cet hiver afin de réduire l’emprunte écologique et surtout la facture énergétique du site industriel valentinois. C’est à l’issue de plusieurs réunions de travail conjointement organisées par la direction et le CSE que cette liste d’éco-gestes a vu le jour. Une quarantaine de points qui devraient, selon un cabinet d’experts indépendants, permettre de réduire de 24% l’énergie consommée sur le site.

Notre groupe industriel implanté dans le bassin valentinois regroupe près de 800 salariés et compte bien faire partie de l’avant-garde des entreprises qui innovent pour la réduction de leurs dépenses énergétiques. Cette transition est plébiscitée par la région Auvergne-Rhône-Alpes qui prévoit une dotation de plus de 3 millions sur ce thème l’année prochaine. Nous œuvrons pour le bien commun, et pour se voir attribuer une partie des crédits de la Région.

P-Alain Léfouilles, directeur financier

Au chapitre « Pause déjeuner » de cette liste figure « l’incitation à consommer des plats de nécessitant pas de réchauffage ». En d’autres termes, finies les choucroutes et autres truites qui empestent le réfectoire et place aux salades et taboulés. Cette incitation passe par l’ajout d’un monnayeur sur chaque micro-onde disponibles en libre-service dans les différentes salles de pause. Il faut désormais prévoir 40 centimes par minute d’utilisation de l’appareil à 450W maximum.

Dans la même veine, les distributeurs de boissons fraiches ne seront plus refroidis et deviendront des distributeurs de boissons à température ambiante, « meilleures pour l’organisme » selon la direction. Il est préciser qu’il sera néanmoins autorisé d’amener ses propres glaçons. L’usage de thermos est également fortement recommandé afin de ne pas surcharger l’utilisation des machines à café.

Coté « Hygiène », le même type de monnayeur sera installé sur les sèches-mains électriques afin de pousser les employés à « favoriser le séchage naturelle des mains à l’air ambiant ou sur son pantalon ». Comptez ici 15 centimes pour vous sécher les mains à la douce chaleur d’un Dyson, un luxe abordable. Évidement, l’eau chaude sera déconnectée des robinets de tous les sanitaires de l’entreprise, « sauf à l’étage de la direction » précisent les syndicats.

Le plus gros poste d’économie se situe au niveau du chauffage des zones travail, que ce soit en production ou dans les services supports. Le thermostat est désormais réglé par défaut à 17°C et les employés sont invités à payer 80 centimes pour une heure de chauffage ou à se rendre dans les « zones de réchauffement collectif » durant leur temps de pause.

Pour les salariés les plus récalcitrants, la direction a prévu de proposer des pass « premium » qui permettront d’accéder à tous ces fonctionnalités de confort au prix de 22.99€ directement prélevés sur la fiche de paye. Ces pass sont bien-sûr disponibles en quantité limitée afin de ne pas « réduire à néant tous les efforts écologiques de cette démarche » selon la directrice Sécurité et Environnement du groupe.

Les premiers résultats seront estimés lors d’un audit prévu fin-janvier et bonne nouvelle : 1% des gains observés seront reversés aux employés.

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